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Errance (titre adaptable)

Solo de danse théâtre pour lieux atypiques - entre 10 et 50 minutes, selon réécriture
Texte, chorégraphie et interprétation par Leïla Gaudin - Musique par moOx 
Collaborations artistiques et regards extérieurs : Calypso Baquey, Florent Gouëlou, Clémence Perrin, Marguerite Topiol, Thomas Chopin

Présentation
Inspiré d'un long travail de recherche avec la population SDF, Errance (titre adaptable) interroge notre relation aux marginaux. Leïla Gaudin joue de ruptures entre l'incarnation réaliste d'une personne à la rue et des adresses publiques distanciées. 
Le dispositif tient plus de l'expérience que du spectacle, notamment en installant le public dans l’espace de jeu. La question du regard est centrale, tant par la forme que dans le propos. 
La pièce est réécrite pour chaque lieu de représentation, avec comme récurrence un passage dans l'espace public. Il s'agit donc d'une pièce changeante, constamment en réinvention de son écriture. 

Lieu : jardin, théâtre, bar ou tout espace protégé + espace public

Spectacle co-produit par le Lieu Mains d'Œuvres, créé avec le soutien de Journées Danse Dense, Paris Jeunes Talents, L'Arcadi dans le cadre des Plateaux Solidaires.
Errance (titre adaptable) bénéficie de la bourse d'écriture de l'Association Beaumarchais-SACD. 

Tournée
Créé au festival Incandescences dans le bar de Mains d'Œuvres (St Ouen) avril 2012, Errance (titre adaptable) est repris à la piscine vidée des Bains Mathieu pour Piss in the Pool (Montréal), dans un château pour le Festival Ubürik (Quinssaines), au bord du canal et au Théâtre du Fil de l'Eau (Pantin) pour Danse en Chantier, dans un atelier de Mains d'Œuvres (St Ouen) pour le projet Politique de Bien Vivre, aux Murs à Pêches (Montreuil) avec La Girandole, à La Loge et ses environs (Paris), à la salle Jacques Brel (Pantin) et aux Plateaux à la Briqueterie (Vitry). 

Actions artistiques
ateliers en centre d'hébergement d'urgence
Politique de Bien Vivre
Errance par 4 chemins

 

Extraits vidéo

 

Critique
http://unsoirouunautre.hautetfort.com/- par Guy Degeorges
Où suis je?
Leïla Gaudin, plus ou moins debout sur une table, en position incertaine. Nous sommes assis, autour elle, dans le restaurant de Mains d’œuvres. La bière est offerte. Leïla Gaudin n’est pas la première, loin de là, à tenter l’évasion de la scène, l’intrusion dans un espace quotidien. Mais sa situation ce soir semble particulièrement indéterminée, en suspend. On la voit. D’où la comprendre? La précédente pièce- Cette heure du matin - mettait en scène des incidents du quotidien, mais dans un cadre conventionnel. Dont elle s’extrait ici. Sur sa table, elle bredouille, titube. En effet, il y a un sujet. Le portrait cru d’une ivrogne, qu’on imagine sans abri, qui vagabonde sans but ni foyer. S’agit-il de nous inviter à voir ceux que dans la vraie vie l’on préfère ignorer, tant ils nous dérangent, dans leur déchéance?
Mais elle part autre part. S’adresse soudain à nous à un autre niveau, sur le ton froid du commentaire, souligne que par sa position de performeuse et contrairement à tout un chacun, elle peut nous montrer ses fesses sans que l’on s’en offusque. Ou nous incite à ressentir la mystérieuse présence dont le regard peut investir des objets inanimés. Rétablissant ainsi la distance d’elle à nous, et tentant l'abolir l’instant d’après, de retour dans son personnage, errant dans nos rangs jusqu’à atterrir tête en avant dans la poubelle, titubant et ainsi la pièce. Grande rousse hagarde, la beauté sur le fil, ivre d’apparence, pauvrement habillée. Plus là que nature. Une assistante s’empresse de délimiter par deux lignes de rubans adhésifs au sol le chemin qu’elle empruntera entre nos tables. Repères en pratique inutiles, mais si symboliques, dessinant un espace imaginaire et interdit. Des deux cotés. Ces limites nous protègent du contact, de l’odeur, de la saleté… D’une autre réalité physique. Les barrières sont rétablies, la distance survit à tout, la performeuse en fait la démonstration incertaine. Où cette pièce va-t-elle? Est-elle perdue d’avance à refuser, ou dépasser, son sujet? Quelque chose ne vient pas et s’empêche, c’est cela qui est troublant, donne envie de persister. Je ne sais pas si l’exercice est vain, ou passionnant. Peut-être faudrait qu’il dure bien plus longtemps, à nous lasser vraiment, ou jusqu'à ouvrir sur autre chose, des heures durant….

jaivuca.overblog.com - par Matthias Claeys - 25 septembre 2013
Errance (au 77)
La Loge fait sa rentrée à la force de l'inventivité et du culot. Alors que le créneau de 21h est occupé par la compagnie de l'Éventuel Hérisson Bleu, c'est la compagnie No Man's Land, menée par Leïla Gaudin qui s'installe en première partie de soirée, pour une performance de danse/théâtre sur la marge, et l'être qui marche dessus.
Errance est un spectacle qui s'adapte et se réinvente dans chaque lieu traversé, avec pour objet de toujours maintenir une grande proximité avec les spectateurs, qui passent la plus grand partie de ce temps ensemble à observer une personne désorientée.
Dit comme ça, juste comme ça, on se dit: "ok, pourquoi pas ?" Mais une fois l'expérience, puisque c'en est une, traversée, on se dit : "ah, d'accord !" C'est peut-être simpliste, mais sans doute parce que c'est aussi simple que ça. Ce que nous propose Leïla Gaudin n'est pas un discours, une rhétorique, n'est pas quelque chose qui se comprend par le prisme de la parole ou de la pensée, mais une sensation. Sensation d'être ensemble, sensation d'être de l'autre côté (mais de l'autre côté de quoi ?)...
Leïla Gaudin nous concentre le regard et l'attention sur les personnes sans domicile, marginalisées, sur celles et ceux dont on détourne habituellement le regard. Elle ne le fait pas pour accuser, pour sensibiliser, rien de tout ça. C'est juste une tentative, honnête, d'appréhender la vérité de ces "autres". Se balançant dans une première partie formellement traditionnelle (pour une fois qu'elle le joue dans un théâtre, pas de raison de se priver) entre l'incarnation d'une marginalité, aux mouvements lents et lourds, au discours presque sans consonnes, à peine audible, discernable, au regard pesant de rien, du rien qui l'entoure tout le temps, et les commentaires qui nous sont adressés pour nous éclairer sur certains points qu'elle a découverts en enquêtant sur le mode de vie des SDF, Leïla Gaudin nous intrigue tout en nous faisant redouter le pétard mouillé.
Et là, d'un coup, elle s'en va. On ne fait pas semblant d'être surpris, on savait qu'une partie du spectacle aurait lieu à l'extérieur. Mais tout de même, rien que cette fuite, le fait de nous laisser seuls, c'est-à-dire sans elle, et partir à la quête d'elle, c'est quelque chose.
Et une fois qu'on la retrouve... Errante, comme dans le titre, dans la rue, entre les passants, errants nous aussi qui la suivons, comme un grand corps marginal, concentré sur un point, et observé de toutes parts. C'est d'une poésie dingue, tout devient discours, tout devient émotion, tout se prend argent comptant et tend à nous bouleverser.
Performance, dans tous les sens du terme.

Pour plus d'information, merci de demander le dossier de présentation à contact@no-man-s-land.com

Photo : NO MAN'S LAND